Concert de solidarité avec les postierEs grévistes du 92

Jeudi, 14 Mars, 2019 -
19:30 à 23:15
Rouen, MJC St Sever Salle EUROPA

Les postières et postiers du 92 sont en grève reconductible depuis le 26 mars, (depuis près de 10 mois donc) sur 4 revendications essentiellement :
· l’arrêt des suppressions d’emplois ;
· la titularisation de nos collègues précaires, essentiellement intérimaires ;
. la déshumanisation de notre métier.
· la réintégration du Secrétaire Départemental de Sud Activités Postales 92, Gaël Quirante, licencié après une procédure commencée il y a 8 ans ;

Le licenciement de Gaël (sur autorisation de Penicaud) a été l’élément déclencheur de ce mouvement. Le syndicat lui a permis de continuer à représenter les postiers, même en étant licencié. La Poste continue son acharnement contre notre camarade par des procédures judiciaires : elle a été déboutée 2 fois en référé sur l’intervention de Gaël dans les Centres, puis a fait appel de ces décisions (la décision tombera le 17 janvier).

Notre mouvement continue. Il y a toujours près de 150 agents en grève reconductible depuis mars. Moins de 10 agents ont repris le travail depuis le début du conflit, malgré son exceptionnelle durée.

Les élections professionnelles de décembre ont montré le large soutien de nos collègues : Sud Poste 92 a recueilli 51,86 % des suffrages sur la branche Courrier, avec un taux de participation très élevé (86,79 %).

La Poste met des conditions pour rencontrer les grévistes (elle refuse que nous allions informer les non-grévistes de l'avancée du conflit). Il n'y a eu que 7 audiences de “négociation” depuis le début du conflit, et toujours pas de première version de protocole de sortie de conflit sur la table (on est à près de 10 mois de grève !!!).

La volonté de la Poste est d'écraser le mouvement sans négocier.
Pour cela, la Poste utilise différentes armes : la première d'entre elles est l'arme financière : les paies sont séchées à 0 € depuis le mois d’avril. La Poste a aussi refusé un certain nombre de congés aux grévistes (pour ne pas avoir à les payer), et a même coupé la mutuelle (celle-ci ne pouvant plus prélever ses cotisations sur le salaire) : le résultat est que les grévistes reçoivent des ultimatums de paiement d’arriérés de cotisations (jusqu’à 500 euros) et des factures d'actes médicaux normalement pris en charge par la couverture santé. A cela s'ajoute l’arme de la répression : sanctions à la pelle, huissiers, police dans les centres (CRS, BAC et police nationale), vigiles, convocations dans différents commissariats et au Tribunal, cadres qui nous empêchent physiquement de rentrer dans les centres pour prendre la parole...

Mais nous ne lâchons rien. Nous sommes déterminés à défendre nos conditions de travail déjà bien difficiles et à nous faire respecter.

Après, la vérité, c’est que la détermination ne suffit pas. Pour tenir, nous avons besoin de soutien financier. Notre paie habituelle est en moyenne de 1300 €, donc inutile de dire que nous n’épargnons pas grand chose. Donc des paies à 0 €, cela signifie de très grandes difficultés pour nous. De plus en plus de grévistes se retrouvent dans des situations financières critiques, mais ont fait le choix de continuer le mouvement. Nos patrons comptent sur l’épuisement financier des grévistes pour écraser le conflit.